Inventaires des zones humides

Contexte

Dans la continuité des inventaires de zones humides déjà réalisés sur le département, le Conservatoire d’espaces naturels de Lozère, poursuivant sa mission de connaissance, a réalisé plusieurs inventaires entre 2012 et 2016. Il s’agit du secteur de la Margeride Ouest et du territoire du SAGE Lot Amont – Secteur Est.

Objectifs

Au delà de la connaissance sur la répartition et la caractérisation de ces milieux naturels, il s’agit d’effectuer un porter à connaissance en vue de la préservation et de la gestion durable des zones humides lozériennes. Ces travaux constituent des outils de référence.

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Déroulement

En fonction de leur surface, les zones humides ont été cartographiées sur le terrain à l’aide des photographies aériennes (pour celles dont la superficie dépasse 1 ha) ou simplement pointées au GPS pour les plus petites zones. Ces visites de terrain permettent d’identifier leur fonctionnement, leur état de conservation, les usages et éventuelles menaces.

Résultats

Inventaire des zones humides sur le territoire du SAGE Lot Amont – Secteur Est

Cet inventaire, réalisé entre 2014 et 2016, a porté sur un territoire de plus de 30 000 ha.

592 zones humides ont été inventoriées, cartographiées et caractérisées : 192 de type surfacique et 400 de type ponctuel (surface inférieure à 1 ha). Ce sont exclusivement des zones humides de bas fonds en tête de bassin et de montagne (typologie SDAGE Adour-Garonne).

La surface totale de zone humide (hors pointage GPS) représente 2.07% de la surface d’inventaire, avec une disparité dans la répartition liée à la géologie : elles sont mieux représentées dans la partie Est et le Nord du périmètre, presque absentes sur une grande part Sud Ouest (le calcaire et le schiste n’étant pas propices à la présence de zones humides). Elles ont, dans la grande majorité, une surface comprise entre 1 et 5 ha (près de 74 %) et se retrouvent plutôt aux altitudes les plus élevées. La surface moyenne est de 3.25 ha.

 

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Sont présentés ci-après quelques résultats. Pour plus d’information, se reporter au rapport de synthèse.

Les principales activités anthropiques relevées sont le pâturage à plus de 81% et la fauche sur 14% (suivie très généralement par du pâturage). A noter que 2.5% des zones humides ne sont plus le siège d’activités.

Habitats naturels et espèces

92,2% des zones humides sont majoritairement constituées de prairies humides. Compte-tenu des conditions de milieux, notamment liées à l’altitude et aux conditions climatiques, mais aussi à la configuration topographique, les tourbières sont assez peu représentées (43). Des espèces végétales d’intérêt local à national ont été identifiées (identification « au passage ») ; 2 sont protégées, 6 sont déterminantes ou remarquables au titre des ZNIEFF et 1 est considérée d’intérêt patrimonial en Lozère (sans statut officiel). Quelques espèces de faune liées aux zones humides ont été contactées ; on signalera le Lézard vivipare, la Grenouille rousse ou encore l’Azurée d  es mouillères.

Les zones humides combinent en général plusieurs fonctions hydrologiques et biologiques. Sur le territoire étudié, elles ont le plus souvent un rôle dans le ralentissement du ruissellement et dans le soutien d’étiage. Toutefois, du fait de leur état de conservation souvent peu satisfaisant, toutes ne jouent pas un rôle efficace. Cet état de fait est lié au drainage, à des points d’abreuvement impactant, aux captages AEP,…

Le diagnostic fonctionnel fait apparaître que plus de 42% des zones sont dégradées à très dégradées, avec un impact notable sur leur fonctionnement.Seules 14% des zones humides surfaciques sont proches de l’équilibre naturel sur un plan fonctionnel et patrimonial.

Le diagnostic patrimonial, s’il ne repose pas sur les mêmes critères, suit logiquement la même orientation, ceci dans la mesure où les habitats et leur état de conservation sont étroitement liés au fonctionnement général de la zone humide. Plus de 80 % des zones humides ont un état de conservation des habitats qualifié de moyen à mauvais.

Plusieurs facteurs influençant l’évolution d’une zone humide sont en général présents sur un même site, avec des impacts divers. Si l’action de pâturage stricto sensu (97%) est globalement jugée positive, elle est souvent couplée à une modification du fonctionnement hydraulique (75%) et/ou à du drainage (61%), ce qui relativise les avantages de l’activité pastorale. La modification du fonctionnement hydraulique souvent dommageable, peut aussi avoir un impact localisé sur la zone humide. Le drainage concerne par contre une grande majorité des zones. L’entretien des fossés et cours d’eau a un impact négatif sur les fonctions hydrologiques.

Le maillage de zones humides sur ce territoire reste assez dense à l’Est et au Nord, mais, à dire d’expert de terrain, leur nombre et leur surface étaient plus important par le passé. Cette analyse synthétique des principaux descripteurs relevés sur chaque zone humide donne un bilan assez similaire par rapport à d’autres inventaires réalisés sur le département, à savoir un état de conservation moyen lié à des facteurs anthropiques défavorables aux habitats, à la ressource en eau (qualité et quantité), voire à la ressource fourragère. Les prairies humides à caractère eutrophe dominent et gagneraient à être gérées autrement pour un bénéfice aussi bien environnemental qu’économique. En effet, les actions de drainage plus ou moins conséquentes sont fréquentes, notamment sur des zones exclusivement pâturées (80%), favorisant des espèces peu appétantes et peu intéressantes sur un plan écologique.

Inventaire des zones humides – Secteur de la Margeride Ouest

Les principales données recueillies lors de cet inventaire, réalisé entre 2012 et 2014, sur un territoire de 45 000 ha, sont :

  •  l’inventaire de 1238 zones humides  : 500 de type surfacique et 738 de type ponctuel (surface inférieure à 1 ha),
  • la surface totale de zone humide (hors pointage GPS) est de 1932,22 ha,
  • 97,4% des zones humides sont des zones humides de bas fonds en tête de bassin et de montagne (selon la typologie SDAGE Adour-Garonne),
  • 90,6% des zones humides sont en tout ou partie constituées de prairies humides eutrophes,
  • les activités humaines principales sont constituées par le pâturage à plus de 95% et la fauche sur 32%,
  • les zones humides inventoriées ont un rôle dans le ralentissement du ruissellement et dans le soutien d’étiage, et sont aussi le lieu d’expansion de crues, lorsqu’elles bordent un cours d’eau,
  • une majorité de zones humides présente un déséquilibre fonctionnel jugé fort à très fort, ayant un impact notable sur le fonctionnement (62%),
  • les principaux facteurs influençant l’état de conservation des zones humides relevés sont : le pâturage (dont l’impact est globalement jugé positif), la modification du fonctionnement hydraulique et le drainage.

Les informations détaillées concernant cet inventaire sont disponibles dans le rapport de synthèse.

 

Partenaires

Les 2 inventaires ont été réalisés avec le concours financier de :